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Haïti - Social : Ils veulent quitter les camps mais... ils n'ont nulle part où aller
11/08/2011 12:51:42

Haïti - Social : Ils veulent quitter les camps mais... ils n'ont nulle part où aller
Une écrasante majorité des personnes vivant dans plus de 1000 camps de déplacés en Haïti depuis le séisme de 2010 veulent partir mais n'ont pas les moyens financiers de le faire et n'ont nulle part où aller, c'est ce que révèle une enquête sur l’intention des personnes vivant encore aujourd’hui au sein des sites d’hébergement dans et autour de Port-au-Prince. Basé sur un échantillon conséquent (15 446 personnes). Cette enquête est le fruit d'une coopération avec l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), le CDAC, le Cluster CCCM, l'Agence d’Aide à la Coopération Technique et au Développement (ACTED) et plusieurs autres organismes.

Luca Dall'Oglio, chef de mission de l'OIM en Haïti, explique que « L'enquête sur les intentions démystifie la notion que les gens vivent dans les camps par choix. Le sondage indique que c'est l'extrême pauvreté, aggravée par le séisme qui a gardé des centaines de milliers d'Haïtiens sans-abri depuis si longtemps. »

Selon les données de l'OIM, en dépit d'une forte baisse de la population des camps, passant d'environ 1,5 million l'année dernière, il y a toujours aujourd'hui plus de 600.000 haïtiens qui y vivent, dans approximativement 1000 camps, dispersés principalement autour de la capitale, Port-au-Prince.

L'enquête sur les intentions a révélé que 94% des personnes vivant dans les camps laisserait s'ils avaient un autre logement. La plupart des personnes interrogées ont dit que s'ils devaient partir immédiatement, ils n'auraient pas les moyens de payer un loyer ou les ressources nécessaires pour réparer ou remplacer leurs maisons endommagées ou détruites.

Par contre, si les individus interrogés devaient quitter les sites dès aujourd’hui, peu estiment avoir une solution de relogement. En cas de départ des sites d’hébergement, 53% (8 053 IDP) des personnes interrogées déclarent ne pas savoir où se reloger, 14% (2 172 IDP) déclarent qu’ils envisageraient de retourner dans leur maison verte/jaune, 8% se rendraient sur un camp de relocalisation et 7% (1 065 IDP) dans leur maison même si cette dernière n’est pas sûre (rouge).

Malgré l’envie affichée par une large majorité des personnes déplacées (94%) de quitter les sites d’hébergement le plus rapidement possible, plus de la moitié déclarent ne pas avoir d’alternatives tandis que d’autres se contenteraient de s’installer dans une maison non sécurisée (7%), de louer une maison (7%) ou de vivre dans la rue (2%).

La fermeture de ces camps est une priorité absolue pour le Gouvernement d'Haïti et les Nations Unies, les organisations humanitaires locales et internationales soutiennent la présidence pour trouver rapidement des solutions durables. La Commission Intérimaire pour la reconstruction d'Haïti (CIRH) est en train d'examiner le plan du Président Martelly visant à aider les familles qui vivent dans six camps à retourner dans 16 quartiers de Port-au-Prince.

Pour quitter les camps, une majorité écrasante a déclaré qu'ils ont besoin d'une aide financière si elles vont louer un logement, réparer ou reconstruire leurs maisons endommagées.

À la question pour savoir où ils souhaitent aller, 17% ont dit qu'ils voulaient retourner à leurs foyers d'origine, 12% ont dit qu'ils voulaient quitter Port-au-Prince et revenir à la campagne. Quelque 11% ont dit qu'ils avaient besoin de plus amples informations pour décider, 10% ont dit qu'ils voulaient aller sur un site prévu, tandis que 9% étaient prêts à retourner dans leur propre maison, même si elle n'a pas été réparé. Enfin, 19% ont dit qu'ils n'avaient pas d'endroit où aller.

HL/ HaïtiLibre

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