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Haïti - FLASH : Des failles tectoniques actives mises en évidence à PAP
14/02/2016 12:26:50

Haïti - FLASH : Des failles tectoniques actives mises en évidence à PAP

L’équipe de tectonique de l’Institut de physique du globe de Paris (CNRS) a identifié et caractérisé les failles actives responsables du séisme destructeur du 12 Janvier 2010 en Haïti. Cette étude publiée le 12 décembre 2015, dans la revue GRL (Geophisical Research Letters) apporte des éléments nouveaux permettant à la fois de mieux comprendre les mécanismes de la rupture sismique et de mieux définir l’aléa sismique dans la ville de Port-au-Prince et son agglomération.

Malgré sa magnitude, le séisme du 12 janvier 2010, n’a laissé aucune trace de rupture en surface rendant difficile son interprétation sismotectonique. Le consensus qui prévalait jusqu'alors, à propos de ce séisme, était qu’il n'avait pas rompu la grande faille d’Enriquillo-Plantain-Garden (EPGF), mais une ou plusieurs failles aveugles au Nord de celle-ci.

Les structures actives de la zone de l’épicentre étant jusqu’alors mal connues, les auteurs ont cherché à les identifier et les caractériser grâce à l'utilisation d'images aériennes, de données topographiques à haute résolution, de cartes bathymétriques et d’observations géologiques. Un ensemble de chevauchements actifs, d’orientation Nord-Ouest-Sud-Est et à inclinaison vers le sud, ont ainsi pu être cartographiés dans la baie de Port-au Prince et dans la plaine du Cul de Sac où se situe la ville de Port-au-Prince. L’un d’entre eux, le chevauchement de Lamentin traverse la ville densément peuplée de Carrefour puis se prolonge en mer vers l’Ouest, dans la baie, où il contrôle la morphologie du récif frangeant. A l’Est, le chevauchement du Lamentin se connecte à la grande faille décrochante d’Enriquillo-Plantain-Garden.

Les nombreux séismes enregistrés après le choc principal du 12 janvier soulignent clairement ces deux structures et montrent qu’elles se connectent en profondeur. Les auteurs proposent donc que ces deux failles aient rompu le 12 janvier 2010. Ce nouveau scénario explique parfaitement les déformations de surface enregistrées par les données de géodésie (GPS et interférométrie radar) et les coraux de type microatolls. La modélisation des données de géodésie suggère que la rupture s’est probablement initiée le long du chevauchement du Lamentin et s'est propagée ensuite le long de la faille d’Enriquillo-Plantain-Garden.

Selon ce scénario, le plus fort glissement le long du chevauchement du Lamentin aurait eu lieu en profondeur près de sa connexion avec la faille de Enriquillo-Plantain-Garden, avec pour effet une chute drastique la contrainte compressive qui s’applique perpendiculairement à cette dernière, favorisant ainsi sa rupture. Le séisme de 2010 provoqué par rupture couplée de ces deux failles, pourrait être un événement exceptionnel par rapport à des séismes plus « classiques » qui ont laissé des traces dans le paysage le long de la faille de Enriquillo-Plantain-Garden en accumulant notamment des décalages de rivières de quelques mètres.

Ce nouveau modèle implique qu’une partie des contraintes accumulées au cours des dernières décennies le long de la faille d’Enriquillo-Plantain-Garden ont bien été relâchées pendant le séisme, mais qu’en contrepartie, elles ont été augmentées aux deux extrémités de la zone de rupture et notamment à Port-au-Prince.

L’existence de chevauchements actifs dans la ville de Port-au-Prince et son agglomération implique aussi un aléa sismique important à caractériser plus en détail, pour pouvoir en tenir compte dans les futurs plans d’aménagement du territoire.

HL/ HaïtiLibre



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