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Haïti - Reconstruction : Envisager l'avenir du pays sans la présence de l’ONU ?
12/07/2011 10:04:11

Haïti - Reconstruction : Envisager l'avenir du pays sans la présence de l’ONU ?
Edmond Mulet a récemment retrouvé son ancien poste de Sous-Secrétaire Général des Nations Unies aux opérations de maintien de la Paix, après avoir été pendant plus d'une année en Haïti en tant que Représentant spécial du Secrétaire général et chef de la Mission des Nations Unies dans ce pays (Minustah), laissant la place, à la tête de la Mission, au diplomate chilien Mariano Fernández Amunátegui (66 ans).

Une entrevue accordée au Centre d'Actualités de l'ONU (CAO), nous permet de mieux connaître Edmond Mulet, [souvent décrié, à tort ou à raison] et sa vision de notre pays dans l'éventualité du départ de l'ONU.

CAO : Que faisiez-vous avant de rejoindre les Nations Unies?

Edmond Mulet : « À mon âge (61 ans), vous pouvez imaginer que j'ai fait beaucoup de choses dans ma vie. J’ai commencé à travailler à l’âge de 10 ans pour un quotidien au Guatemala. Je travaillais comme relecteur, comme journaliste, puis j'ai eu une rubrique. Ensuite, j'ai étudié le droit et je suis devenu avocat. J'ai été très impliqué dans la lutte contre les dictatures militaires au Guatemala, et j'ai été en prison à deux reprises. J'ai dû quitter le Guatemala - mon pays d'origine - à cause de menaces. J'ai participé à des élections, sachant que je perdrais, ou sachant que les résultats ne seraient pas les vrais. J'ai perdu quelques élections, j’en ai gagné d’autres. Un jour, j'ai gagné une élection et le jour suivant il y a eu un coup d'état et ils ont tout annulé.

Finalement, en 1985, j'ai été élu au Congrès guatémaltèque et j'ai été réélu en 1990. En 1992, je suis devenu le président de l'Assemblée nationale du Guatemala. Un an plus tard, j'ai été nommé ambassadeur aux États-Unis. Je suis retourné au Guatemala trois ans plus tard, et je suis devenu secrétaire général de mon parti politique. J'ai travaillé dans le domaine juridique, j'avais mon propre bureau d’expert juridique. J'ai été nommé ambassadeur auprès de l'Union européenne à Bruxelles, où je suis resté pendant cinq ans et demi. Et puis j'ai été recruté pour venir à l'ONU. »


CAO : Pouvez-vous envisager qu’un jour il n'y aura pas de présence de l'ONU en Haïti?

Edmond Mulet : « Cela dépend de la capacité des Haïtiens eux-mêmes et des institutions haïtiennes à absorber tout ce que nous faisons pour construire ces institutions. Nous avons construit les capacités de la police nationale haïtienne, l'objectif étant d'atteindre 14,000 à 15,000 policiers. Actuellement, nous sommes à près de 10,000 et je dois dire que la Police nationale haïtienne est probablement l’institution la mieux considérée par les Haïtiens. Elle est très bien structurée, très disciplinée. Le problème qu'ils ont en Haïti, c'est qu'ils n'ont pas les ressources, pas même de quoi payer les salaires de la police nationale.

Le départ de la Minustah, dépendra beaucoup de leur propre capacité à assumer leurs responsabilités et à développer leurs capacités. Tout finalement est lié à la situation économique. S’ils ont des investissements nationaux et internationaux, des créations d’emplois, des activités économiques et si l'Etat est en mesure de percevoir les impôts afin de payer les services de l'Etat, alors je pense qu'il y a une voie de sortie.

Beaucoup de gens demandent : “ Qu'est-ce qu’une Mission de Paix fait en Haïti? Il n'y a pas de conflit interne, il n'y a aucun mouvement de guérilla, il n'y a pas de guerre civile, il n'y a pas de conflit avec un pays voisin, il n'y a aucun problème de frontière avec quelqu'un d'autre, il n'y a pas de conflit ethnique, il n'y a pas de conflits religieux, il n'y a pas de conflit pour les ressources naturelles comme dans d'autres endroits dans le monde comme le Congo par exemple. Haïti n'a ni pétrole, ni diamants, ni rien d'autre, donc que fait une mission de Paix dans un endroit comme Haïti?"

Le Conseil de sécurité n'a pas d'autre outil pour faire face à une situation d'État en faillite. Nous sommes là comme épine dorsale du pays, créant de l'espace et des opportunités pour d'autres acteurs dans le domaine du développement, sur le plan économique et social, pour qu’ils construisent ces capacités pour l'avenir.

Notre proposition actuelle est de créer pour Haïti, un pacte entre la société civile, le secteur privé, le Gouvernement haïtien et la communauté internationale avec des objectifs très clairs, des responsabilités et des obligations et un mécanisme de suivi. L’objectif est de voir si les Haïtiens font ce que nous attendons d'eux, assument des responsabilités. De notre côté, nous fournissons l’aide, l'assistance, et l'argent promis.
Mais nous devons faire tout ceci autour du concept de la primauté du droit. Et l’État de droit, ce n’est pas seulement la police, les tribunaux, les prisons. En Haïti, il y a aussi la question du registre d'État civil, du cadastre, des tribunaux qui fonctionnent. Il s’agit de mettre en place les conditions et les garanties permettant aux investisseurs de créer des activités économiques et de rompre ce cercle vicieux de l'aide et des dons et des subventions. Je pense que nous devons les aider à être auto-suffisants.

Nous effectuerons une évaluation en juin-juillet de la situation politico-sécuritaire en Haïti. Nous ramènerons les effectifs des composantes militaires et de police de la Minustah, aux niveaux que nous avions avant le séisme. Et puis nous allons voir comment tout se passe. »


HL/ HaïtiLibre / CAO

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jjc
Posté le 13/07/2011 08:06:33
j'aimerais voir un jour mon pays délié des liens de l'esclavage moderne, enfin posséder un groupe d'homme consciencieux pour son avenir.
 




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