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Haïti - Justice : Prison de la Grande Rivière du Nord, l’enfer sur terre 09/02/2026 08:47:01
Dans le cadre sa tournée des prisons du Grand Nord en décembre 2025, l’Association des Volontaires pour la Réinsertion des Détenus en Haïti (AVRED) dans son rapport #3 rendu public le 8 février, révèle plusieurs constats alarmant dans la prison de la Grande Rivière du Nord qui illustre la crise structurelle et humanitaire que traverse le système carcéral haïtien. Derrière ses murs délabrés, ce Centre de détention fonctionne aujourd’hui dans des conditions qui portent gravement atteinte aux droits fondamentaux des personnes privées de liberté, mais aussi à la sécurité et à la santé publique de la communauté environnante. La prison de la Grande Rivière du Nord compte actuellement 82 détenus, (60 hommes en détention préventive, 16 hommes condamnés, 3 femmes détenues, 2 mineurs garçons en détention préventive et 1 mineur garçon condamné). Malgré un effectif relativement faible, les conditions de détention sont parmi les plus préoccupantes du pays, révélant un abandon quasi total de l’État. La prison ne dispose d’aucune électricité, les murs sont délabrés, fragilisant la sécurité de l’établissement. Il n’existe aucun accès à l’eau potable. Plus préoccupant encore, la prison ne dispose d’aucun bloc sanitaire fonctionnel. Les détenus utilisent une fosse septique à ciel ouvert, dégageant des odeurs nauséabondes persistantes. Cette situation provoque des maladies graves chez les détenus et affecte également les habitants de la communauté environnante, exposés quotidiennement à cette insalubrité. Les détenus dorment sans literie, à même le sol. Les uniformes sont déchirés, usés et insuffisants, portant atteinte à leur dignité. Une prise en charge sanitaire inexistante, des détenus souffrent de tuberculose, de malaria, et de maladies de peau telles que la gale, sans suivi médical adéquat ni mesures de prévention suffisantes. Cette situation constitue non seulement une violation du droit à la santé, mais aussi une menace sanitaire pour l’ensemble de la population locale. L’établissement ne dispose d’aucun médecin, seules deux infirmières tentent, avec des moyens dérisoires, de répondre aux besoins sanitaires des détenus. Il n’y a ni psychologue, ni travailleur social. Les détenus ne reçoivent que deux repas par jour, composés d’aliments non équilibrés et pauvres en valeur nutritionnelle. La préparation des repas repose uniquement sur deux cuisinières, sans équipements appropriés ni normes d’hygiène garanties. Cette alimentation inadéquate fragilise davantage des personnes déjà vulnérables, aggravant les maladies existantes et favorisant la malnutrition. L’établissement ne possède aucun véhicule de service, ni pour le responsable de la prison, ni pour le transport des détenus malades, ni pour assurer leur comparution devant les tribunaux. Cette carence viole de manière flagrante le droit à la justice et le droit à la santé, maintenant certains détenus dans une détention prolongée et arbitraire. La prison souffre d’un manque criant de personnel policier. Les quelques agents en poste travaillent dans des conditions extrêmement difficiles, sans formation adéquate, sans équipements suffisants et sont eux-mêmes exposés à de mauvais traitements et à une pression constante. Il n’existe aucun dortoir pour les gardiens, compromettant davantage leur sécurité et leur bien-être. À ces réalités s’ajoutent l’absence de mécanismes de contrôle indépendants, le manque de séparation adéquate entre adultes et mineurs, l’insuffisance de registres fiables de détention, ainsi que l’absence de dispositifs de protection spécifiques pour les femmes détenues et les mineurs. Face à cette situation alarmante, AVRED lance un appel urgent aux autorités concernées et à la communauté internationale pour une intervention urgente notamment le Ministère de la Justice, la Direction de l’Administration Pénitentiaire et le Ministère de la Santé Publique… Par ailleurs, un appel pressant est lancé aux organismes internationaux, aux partenaires techniques et financiers, aux organisations de défense des droits humains et aux agences humanitaires, afin de : • Réhabiliter les infrastructures de la prison ; • Garantir l’accès à l’eau potable, à l’électricité et à des installations sanitaires dignes ; • Assurer une prise en charge médicale et psychosociale adéquate ; • Renforcer le personnel pénitentiaire ; • Mettre en place des programmes de réinsertion sociale adaptés. HL/ HaïtiLibre
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