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Haïti - Reconstruction : «Nous sommes assis sur une poudrière »
12/07/2010 10:36:00

Haïti - Reconstruction : «Nous sommes assis sur une poudrière »

Chez les réfugiés, la colère monte « Je sais qu’après la Coupe du Monde, si rien n’est fait, ça va chauffer » explique Jean-Michel Olophen, responsable de la communauté de la place des Artistes, sur le Champ-de-Mars, un camp qui rassemble plus de 50 000 personnes sous les tentes.

Les changements non visible des conditions de vie des sinistrés, l’absence de communication du gouvernement, des décisions mal comprise comme la suspension de la distribution massive d’aide alimentaire alimentent cette colère latente.

Jean-Michel Olophen prévient « Jusqu’à présent, on essaie de maintenir [mais pour combien de temps?] les gens sur le Champ-de-Mars. On les empêche d’aller dans les manifestations organisées par les partis de l’opposition ».

Selon le professeur Jean-Marie Théodat, « Si rien n’est fait dans des délais acceptables, on ne pourra pas empêcher la colère des haïtiens. Le peuple est prêt à faire de gros sacrifices. Mais nous sommes désormais assis sur une poudrière. Et il y a des gens qui se baladent avec des allumettes, en disant : - Je vais mettre le feu - Moi, je dis attention, il y a un danger réel d’explosion ».


Six mois après le séisme du 12 janvier qui a fait plus de 200 000 morts, 300 000 blessés et 1,3 million de sans-abri, Port-au-Prince reste une ville dévastée. Pourtant, dernièrement, Didier Le Bret, ambassadeur de France en Haïti déclarait « les choses évoluent et la vie reprend peu à peu [...] compte tenu des petits moyens mis en œuvre, la démolition a énormément avancé »

Un optimisme et une évaluation loin d’être partagé par David Wimhurst, le directeur de communication de la Mission des Nations unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah) qui indique pour sa part « Il y a 20 millions de mètres cubes de débris à déblayer sur le terrain et à ce jour, seul un demi-million a été évacué ».

Il est vrai que les français ont toujours tendance à exagérer mais entre « énormément avancé » et ± 2% des décombres enlevés il y a une nuance que même un Ambassadeur doit connaître... La diplomatie française devrait être plus prudente dans ses déclarations «choc» et se souvenir qu’il y a des centaines de milliers d’haïtiens qui vivent aujourd’hui au milieu des décombres pour lui rappeler que peu de chose ont changé.

BF/ HaïtiLibre



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