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Haïti - Économie : Interdiction d’importation des œufs dominicains, plus politique que sanitaire 10/11/2014 12:16:51
Michel Chancy, le Secrétaire d'État à la production animale, confirme le maintient de l'interdiction d'importation de produits avicoles dominicains, expliquant que ces produits ne répondent pas aux exigences des autorités sanitaires haïtiennes. Il faut croire que les exigences sanitaires d’Haïti sont supérieures aux normes internationales, puisque la République voisine exporte sans difficulté ses produits avicoles dans de nombreux pays. Dans le même temps, le Secrétaire d'État assure que le gouvernement veut faciliter l'accès au crédit et encadrer techniquement les entreprises implantées notamment dans le Nord Est, l'Ouest et le Sud dans la production d’œufs, révélant que 4 millions d'œufs sont produits chaque mois par une dizaine d'entreprises haïtiennes. Rappelons que cette production représente à peine 10% des besoins de la consommation en Haïti [près de 40 millions d’œufs importés chaque mois avant l’interdiction]. À titre de comparaison, ces 4 millions d’œufs mensuels, représentent moins que la production journalière de nos voisins, qui ont investi depuis 2008 près d’un milliard de dollars américains dans la production d'œufs et de poulets et disposent de deux grandes usines de production, qui en font le premier producteur d'oeufs et de poulets dans la Caraïbe. Michel Chancy, déplore vivement la contrebande de produits avicoles à la frontière de la République Dominicaine, à un moment où Haïti déploie de nombreux efforts dans la production de ces produits. Toutefois, le maintien de cette interdiction ne provoque plus aujourd’hui autant de réactions chez les dominicains et pour cause, depuis l’interdiction, la République Dominicaine a ouvert de nouveaux marchés dont celui du Vénézuela, pour être moins dépendant d’Haïti, qui avant l’interdiction, représentait 20% de ses exportations d’œufs. Au-delà des explications du Secrétaire d’État, rappelons l’intérêt de dirigeants de grands groupes brésiliens œuvrant dans les secteurs de l’agroalimentaire, comme l’atteste un accord signé à l’été 2013, entre « Brasil Food » le plus grand groupe avicole d’Amérique Latine et « Yunus Social Busines », afin de relancer la filière avicole en Haïti... Un projet qui a besoin de temps pour se concrétiser... D'autre-part, lors de la dernière réunion de la Commission Mixte Binationale (CMB), François Guillaume II, le Ministre des haïtiens Vivant à l'Étranger, avait estimé qu'il serait préférable pour les entrepreneurs dominicains d'investir pour produire en Haïti, plutôt que d’exporter leurs produits sur le territoire haïtien... Quelque soit les raisons politico-économiques, certes justifiées, Haïti doit privilégier le dialogue et la recherche de partenariats, plutôt que de brandir des interdictions et risquer de voir de nouveaux obstacles surgir sur la voie de la commercialisation de nos produits sur le marché voisin qui vient juste d'être ouverte https://www.haitilibre.com/article-12357-haiti-economie-la-biere-prestige-bientot-sur-le-marche-dominicain.html S’il est vrai que les exportations de la République Dominicaine sont importantes et fortement déséquilibrées (1,5 milliards de dollars contre 10 fois moins pour Haïti, pour la dernière année), il faut toutefois relativiser l’importance commerciale d’Haïti, qui représente moins de 3% du PIB de la République voisine. Il ne s’agit pas de savoir qui a le plus a perdre, mais de trouver des accords, qui à terme, seront gagnants pour les deux économies, comme semble l’avoir mieux compris le secteur privé des deux pays, que les politiciens. Lire aussi : SL/ HaïtiLibre
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