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CIRH : Les jeux sont faits 06/05/2010 13:13:41 La CIRH sous la loupe L'arrêté règlementant le fonctionnement de la Commission Intérimaire de Reconstruction d'Haïti (CIRH) a été publié le 21 avril 2010 dans le journal Officiel Le Moniteur. Le fonds fiduciaire, ou seront déposé l’argent des pays donateurs, sera sous la responsabilité de la Banque Mondiale qui a été désigné comme agent fiscal en collaboration avec les Nations Unies et la BID qui se partageront certaines responsabilités. C’est la Banque Mondiale qui autorisera les décaissements de fonds en fonction des demandes de la commission. La CIRH sera co-présidée par l'envoyé spécial du secrétaire général de l'ONU, Bill Clinton et le Premier Ministre haïtien Jean Max Bellerive. L'ex-président américain aura pour responsabilités la mobilisation, au niveau international, des ressources finançières auprès des pays donateurs. Sera-t-il à la hauteur de la tâche alors qu’il reconnaissait publiquement au sommet de New York, le 31 mars dernier, sa propre incapacité à collecter l'argent promis dans le passé? (voir notre billet - https://www.haitilibre.com/article-68-la-saga-des-promesses.html ">La saga des promesses). Il ne fait aucun doute que l’administration américaine pour ne pas dire Obama, est à l’origine de ce choix, ou le politique, et plus particulièrement la popularité de Clinton, l’a emporté sur ses compétences en la matière. Quant aux actions du Premier Ministre haïtien, elles seront réalisées essentiellement en Haïti
L'arrêté ne dit rien sur l'identité des représentants des institutions, membres du conseil d'administration de la CIRH. Tout ce que nous savons, c’est que le gouvernement, le pouvoir judiciaire ainsi que les collectivités territoriales désigneront chacun deux membres tandis que le Sénat, la Chambre basse, le secteur privé et le secteur syndical désigneront chacun un représentant. Les personnalités haïtiennes au nombre de 10 collaboreront avec 10 personnalités étrangères représentant la Caricom et les bailleurs de fonds. Pour ces derniers, nous savons seulement que ce sont des pays qui ont fournit une aide minimale de 100 millions de dollars ou 200 millions de dollars de dette effacée. La commission comptera également des représentants qui n'auront pas droit de vote soit : un représentant de l'OEA, des ONG locales, des ONG internationales et de la diaspora. Commentant la présence de représentants des donateurs au sein du conseil d'administration de la commission, Didier Le Bret, (encore lui) explique qu'il s'agissait d'une condition pour obtenir d'avantage de ressources. La CIRH et après? Au terme de son mandat, la CIRH devrait laisser la place à une «Agence pour le développement d'Haïti» dont le mandat et la mission dureraient plusieurs années. Ce que nous ignorons c’est s’il s’agit d’un remplacement (nouvelle structure) ou d’une transformation de la CIRH en une nouvelle agence, autrement dit, un nouveau mandat à la CIRH sous un autre nom. Le mandat de la CIRH pourrait-il être prolongé? C’est possible, les circonstances, les chantiers engagés, la situation politique ou une demande des pays donateurs pourraient servir de prétexte à une telle prolongation. Toutes les spéculations sont possible. Qu’a négocié Préval? Loin des micros et des caméras nous ne saurons probablement jamais ce qui s’est réellement dit entre René Préval et ses interlocuteurs lors de l’élaborations du plan de reconstruction et dans les réunions préparatoires au sommet du 31 mars 2010, avec les responsables des pays donateurs et d’autres acteurs politiques influant. Au regard de ce qui se passe sur le terrain une hypothèse semble se dégager. Nous savons que René Préval n’est pas une «foudre de guerre» et qu’il n’était pas préparé à faire face ou a gérer une catastrophe d’une telle ampleur. L’hyper centralisation du gouvernement à Port-au-Prince et la destruction de plus de 50% des infrastructures du gouvernement, ainsi que la perte de dizaines de milliers de fonctionnaires ont contribué à affaiblir le gouvernement dans les jours qui ont suivi le 12 janvier. Sans l’aide massive des organismes et des experts internationaux, Haïti aurait bien été en peine d’évaluer, de quantifier, de prioriser et de rédiger le plan de reconstruction d’Haïti. Croyez-vous, dans ce contexte, que Préval ait pu, à un moment ou à un autre, être en position de négocier, d’imposer son point de vue et d’infléchir la position de ses interlocuteurs sur les choix de la reconstruction? C’est peu vraisemblable. Nous sommes convaincu que René Préval n’a pas négocier l’avenir d’Haïti, mais qu’il a négocié l’avenir politique de son gouvernement. Le marché secret de la communauté internationale Il est de plus en plus évident que la communauté internationale à fait un marché avec René Préval, en échange de la création de la CIRH et de la prolongation de la loi d’urgence pour une durée de 18 mois, la communauté internationale à convenue de mettre tous les moyens nécéssaires pour favoriser le gouvernement Préval et son Dauphin en vu des prochaines élections. La stratégie de la communauté internationale [ou celle des américain?] vise dans un premier temps à éviter les troubles sociaux, pour ce faire, les déclarations et les actions sur le terrain concourrent à rassurer la population haïtienne sur le respect du terme du mandat du Président Préval et la tenue d’élections démocratiques sous la surveillance de l’OEA entres autres. Le calme social servant l’intérêt de toutes les parties. Dans un second temps, pour répondre au « marché secret », cette stratégie vise à renforcer et crédibiliser le Président Préval qui est contesté au pays afin d’atteindre plusieurs objectifs :
Cette stratégie va permettre dans les prochains mois un maximum de visibilité au gouvernement, pendant que l’opposition est muselée par la loi d’urgence. Elle va favoriser le premier ministre qui co-présidera la CIRH et lui permettre d’accumuler un important capital politique. Les moyens financiers, les conseillers, les experts en stratégies et en communication de la communauté internationale [ou des américain?] sont une force considérable au service du gouvernement qui faussent les règles du jeu de la démocratie. Bien sûr il ne s’agit que d’une hypothèse, mais les faits, pour le moment, confortent la vraisemblance de cette dernière. Désinformation Une fois l’entente scellée entre les acteurs internationaux et le président Préval, celui n’a plus qu’a jouer le rôle convenu. La machine n’est pas encore bien rôdé et certaines fausses notes lève le coin du voile. Ainsi, quand Préval affirme que la CIRH va permettre au gouvernement d'être impliqué dans la gestion et l’orientation des fonds jusqu'ici gérés en toute autonomie par les ONG (dont 80% échappaient jusqu’à présent à son contrôle) il s’agit de désinformation. Deux exemples récents tendent à le confirmer : Premier exemple : Le 8 avril 2010, la ministre Canadienne Oda a rencontré René Préval et confirmé l’octroi dune aide de 20 millions de dollars pour la construction d’un hôpital aux Gonaïves, de 18.1 millions pour la reconstruction de l’Académie nationale de police, à Ganthier et de 16,5 millions de dollars pour la formation et le perfectionnement des hauts fonctionnaires de la PNH, ainsi que 65,15 millions de dollars à la Société canadienne de la Croix-Rouge, à la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ainsi qu'à des organisations non gouvernementales d'aide humanitaire. Ces 65,15 millions de dollars (qui représentent plus de la moitié des sommes annoncées) échappent totalement au contrôle du gouvernement. Certains diront que la CIRH n’était pas en place à ce moment là, nous répondrons que le Canada n’en ignore pas les règles et quen plus il siègera dans cette commission. Son geste démontre qu’au delà des vœux pieux, les pays donateurs et les ONG continueront à faire ce qu’ils veulent. D’autre part, le discours de Préval s’inscrit doublement en faux puisque de nombreuses ONG internationales lèvent leurs fonds propres (indépendamment des pays donateurs) et ces fonds (dont plusieurs dépassent largement les 100 millions de dollars) continueront à échapper au contrôle du gouvernement. Deuxième exemple: Fin avril 2010, la Banque Interaméricaine de Développement (BID) annonce un don de 30 millions au gouvernement d’Haïti pour le déplacement de population a risque, la construction de logements provisoires et des services sanitaires. La BID recommande explicitement au gouvernement haïtien d'accorder les contrats de construction directement à des organisations à but non lucratif reconnues qui opèrent déjà en Haïti, comme CHF et Habitat for Humanity. Plus qu’une simple recommandation ou suggestion anodine, il s’agit bien d’une directive en langage diplomatique. Compte tenu que la BID fait partie des ententes avec la Banque Mondiale sur la gestion transparente des fonds de la CIRH. On commence à avoir une idée de ce qui va se passer réellement... quoi qu’en dise René Préval. Haïti sous tutelle ou pas? Si l’on croit les l’informations diffusées dans le cadre de la stratégie élaborée par la communauté international il ne fait aucun doute que le pays n’est pas sous tutelle étrangère:
Si par contre, on y regarde de plus près, c’est jouer sur les mots. Disons sans l’appeler «tutelle» que la CIRH va créer une très forte dépendance de l’état haïtien qui ne pourra pas ignorer les «avis ou conseils» de la commission. Certains y verront une forme de chantage, d’autres une ingérence voir une atteinte à la souveraineté, même si cette dernière ne se limite pas, heureusement, aux seuls aspects comptables. La société civile souligne que dans le projet de reconstruction, le gouvernement haïtien prévoit qu'un peu plus de 20% des dons internationaux iront directement dans le budget de l'État, dont les sources de financement ont été considérablement réduites par le séisme. Or, ces sommes échapperont forcément au contrôle international, d'après eux. Le gouvernement continuera à décider seul de l'utilisation des fonds alloués dans le cadre de l'appui budgétaire. C’est justement ce genre d’aspect qui sert d’argument au gouvernement pour affirmer qu’il n’y a pas tutelle et que les institutions haïtiennes continueront à être gérées en toute indépendance par des haïtiens. [?]. Le droit de véto accordé au président Préval, qui rappelons, n’est pas membre de la CIRH est un autre élément pour affirmer qu’Haïti n’est pas sous tutelle puisque toutes les décisions de la CIRH seront soumises à l’approbation du gouvernement haïtien. Dans les faits, on a du mal à imaginer René Préval utilisant ce droit de véto qui semble être davantage un accessoire de théâtre qu’un pouvoir utilisable. Croyez-vous une seule minute que René Préval, totalement dépendant financièrement et politiquement de la communauté internationale (et des américains) soit en mesure d’utiliser ce droit de véto? Nous n’y croyons pas un seul instant et vous? HL. Tous droits réservés HaitiLibre
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