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Haïti - Social : Quand l’enfant devient une marchandise
19/08/2010 15:56:49

Haïti - Social : Quand l’enfant devient une marchandise
Malgré la présence à la frontière de policiers et de Casques bleus, il n'y a pratiquement aucun contrôle sur le pont reliant Ouanaminthe et Dajabon les jours de marché, comme chaque jour de marché, Clarine Joanice, un agent de protection de l'enfance de l'association américaine humanitaire Heartland Alliance, scrute la foule cherchant a identifier les trafiquants d'enfants mineur.

« Nous nous arrêtons tout le monde avec des enfants, les voitures, les transports publics, les camions, les enfants à pieds » explique Joanice au milieu de milliers de vendeurs de marchandises qui traversent le pont reliant Ouanaminthe à Dajabon en République Dominicaine. Elle demande aux adultes qui sont avec des mineur de présenter des documents établissant leur parenté, mais elle n'a aucun mandat officiel pour arrêter les trafiquants d'enfants et rien n'oblige les personne à répondre à ses demandes.

La frontière qui sépare les deux était déjà poreuse avant le séisme, peu de postes frontière et pas assez d'hommes pour assurer les contrôles, les trafics en tout genre pullulaient et quelque 2.000 jeunes haïtiens étaient exfiltrés illégalement chaque année, selon des estimations officielles pour être revendus comme « domestiques » en République Dominicaine.

Plus de 100 enfants franchissent chaque semaine la frontière et ce nombre double pendant les vacances scolaires et les contrôles sont quasi inexistant. « Parfois, les trafiquants font traverser la rivière aux enfants en les tirant au bout d'une corde [...] mais s'il arrive quelque chose ou s’ils craignent d'être arrêtés, ils ont juste à s'enfuir et laisser les enfants là-bas, au bout de la corde » explique Joanice.

Une tâche compliquée par le manque de documents « avant le tremblement de terre, à peine 40 % des enfants avaient des certificats de naissance. Aujourd’hui il n'existe pas de statistiques, mais il y en a certainement moins de la moitié [...] c'est un gâchis, la frontière est totalement ouverte, Il est très facile de faire du trafic d'enfants » a déclaré le directeur de la mission haïtienne de Heartland Alliance.

En dépit des efforts des autorités, qui affirment avoir intercepté quelque 3.000 mineurs à la frontière depuis le tremblement de terre (soit un nombre 3 fois supérieur sur une année qu’avant le sésime) Haïti manque toujours d'une législation efficace pour lutter contre le trafic de mineurs.

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) et l'Unicef ont bien remis un projet de loi à Port-au-Prince, mais le texte n'a pas franchi le stade de l'étude. Et avec la tenue d'élections présidentielles et législatives fin novembre, rien ne devrait changer avant longtemps. Pour René Costume, commissaire à la brigade de protection des mineurs, « ce manque de cadre juridique nous freine sérieusement dans notre traque des trafiquants »

Et dans un pays gangrené par la corruption, les trafiquants n'hésitent pas à proposer des pots-de-vin lorsqu'ils sont démasqués, raconte Joanice. Racontant que récemment son équipe a intercepté un homme qui traversait le pont avec une fillette de 10 ans qui a commencé à pleurer et qui nous disait qu'elle ne connaissait pas l’homme qui l’accompagnait. Savez-vous ce que l’homme nous a dit? « laissez-moi aller la vendre, je vais vous payer la moitié, 50/50 ça vous va?

Lire aussi :
https://www.haitilibre.com/article-274-haiti-social-lutte-contre-la-traite-des-enfants.html
https://www.haitilibre.com/article-417-haiti-republique-dominicaine-reseau-de-mendicite-d-enfants-haitien-confirme.html
https://www.haitilibre.com/article-197-haiti-social-des-orphelins-vendus-comme-esclaves-sexuels.html


PI/ HaïtiLibre































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